lundi 10 août 2015

La syringomyélie chez le Cavalier King Charles, une formidable omerta

Flappy, mon cavalier king charles, mon snobinard adoré est atteint d'une foutue saloperie appelée syringomyélie. Il a eu droit à 10 mois de vie avant d'être rattrapé par cette saleté. Qu'est ce que ça signifie concrètement? Il se gratte compulsivement au niveau des épaules, il traine les pattes avant à s'en user les griffes jusqu'à la pulpe (et fait de l'arthrose des chevilles à cause de sa démarche), ses pattes arrières sont raides et lui donnent un air de cow boy, il ressent la douleur de façon plus intense que les autres chiens et parfois hurle sans raison quand il est en crise. Il y a des périodes avec et des périodes sans. Après 4ans de phase cool avec quelques épisodes difficiles on vient de terminer un affreux mois. Ca revient petit à petit à la normale, je peux enfin dormir la nuit et lui peut à nouveau faire ce qu'il aime sans être complètement abattu ensuite.
Vous allez me dire, c'est triste mais c'est la vie. Shit happens comme disait quelqu'un récemment. Sauf que non, mon chien n'a pas simplement pas eu de chance. Il est aussi victime d'une dangereuse mise sous silence. Parce que la syringomyélie ne va pas simplement emmerder mon chien toute sa vie et finir par le tuer, c'est toute sa race qu'elle met en danger. Mais ça, on ne vous le dira pas.

La syringo, c'est quoi d'abord? Laetitia en parle très bien et ce site fait par une personne formidablement impliquée vous donnera plus de détails mais pour faire simple, la syringomyélie survient lorsque l'écoulement du liquide cérébro-spinal est obstrué.
Est ce que ça se soigne? Non. Comment ça s'attrape? C'est héréditaire. Est ce que ça se gère? Plus ou moins bien. On peut donner des médicaments contre la douleur ou pour diminuer la production de fluide cérébro-spinal. Une opération existe mais elle est rarement prescrite et pratiquée, certaines lésions ne pourront pas être réparées et la maladie peut réapparaître. Vous trouverez tous les détails avec le lien que je vous ai donné plus haut, ce qu'il est important de retenir ici c'est que la syringomyélie est une maladie héréditaire, qui se dépiste par IRM, qui fait mal et dont l'évolution est imprévisible: certains chiens resteront asymptotiques toute leur vie, d'autres ne vivront pas 2 ans.

Quand j'ai adopté mon chien j'ai tout fait comme il fallait: un chiot LOF, dont j'ai vu la maman, dont les parents sont testés coeur et yeux, , conformément aux exigences du club de race et identifiés génétiquement. C'est encore les critères de sélection qu'on donne aux gens souhaitant acquérir un cavalier.
Sauf que la liste des recommandations est incomplète: la syringo, elle est où là dedans?

Sur le site du club de race, une page est consacrée au "cerveau". Il s'agit d'un compte rendu d'une conférence donné par le Dr Laurent Cauzinille au club et aux éleveurs le 16 Octobre 2004. Il y a exposé la nature de la maladie, son diagnostic et sa prise en charge ainsi que des pistes sur le protocole que pourrait mettre en place le club pour endiguer la progression de la maladie. C'était il y a plus de 10 ans. Et maintenant?

La position du club face à cette maladie est résumée par leurs critères de dépistages:
 - "La maladie doit être fréquente et curable"
Fréquente, elle l'est et pas qu'un peu! La recherche à la fin de l'année de 2007 et au début de l'année 2008 établie que 50 à 70% des cavaliers king charles sont atteints de syringomyélie. Aucun protocole de dépistage et de sélection n'ayant étant mis en place depuis lors, nous sommes en droit de penser que la situation est pire aujourd'hui.
Avec 7547 naissances inscrites au LOF en 2013, cela voudrait dire qu'entre 3773 et 5282 chiens porteurs, symptomatiques ou non, ont vu le jour cette année là, et là on compte seulement les chiens LOF.
Je ne sais pas vous mais moi je trouve la fréquence relativement élevée quand même!

Par contre effectivement la maladie n'est pas curable. Mais elle entraine des souffrances plus ou moins accrue toute la vie du chien, elle oblige les propriétaires à adapter leur mode de vie, à engager des frais importants, à pleurer tout bas leur compassion pour cet animal qu'ils aiment et finalement, à prendre la douloureuse décision de mettre un terme à tout ça.
Ne devrions nous pas tout mettre en place pour éviter à des chiens de voir leur vie estropiée, leur espérance de vie écourtée, ne devrions nous pas éviter à des personnes de devoir décider de dire adieu à leur chien après un long parcours vallonné de souffrance?
Ca ne se soigne pas, alors tant pis?

- "Les méthodes de dépistage doutent être simples (non ou peu traumatisantes)".
L'IRM est une technologie disponible dans un grand nombre de cliniques vétérinaires. Certes elle nécessite une anesthésie générale mais c'est un examen non douloureux.

- "Le coût du dépistage doit être faible".
Nous voilà arrivés à l'épineuse question, celle de l'argent.
C'est un argument souvent soulevé: Une IRM ça coûte cher.
Parlons d'abord chiffres: J'ai payé l'IRM 394E, l'échographie cardiaque 170E. Une IRM faite à 3ans, si elle révèle un chien sain, donne le feu vert au reproducteur pour toute sa vie. Une écho cardiaque doit être réalisée tous les 18 mois, conformément au protocole du club de race. Certes c'est un coût plus élevé au départ mais sur la "carrière" d'un reproducteur, le dépistage de l'IRM est moins onéreux que celui de la MVD.
Un chiot de CKC coûte au bas mot 800€, sauf défaut de conformité au standard. J'ai payé le mien 950, je connais des gens ayant acquis une femelle pour 1200 voir même 1500€. Une augmentation du prix du chiot de 100€ pour répercuter les frais de dépistage ne détournerait pas les futurs propriétaires de l'achat. Il s'agit d'un pari sur l'avenir, tous les futurs propriétaires soucieux de leur chien sont prêt à mettre le prix nécessaire pour acquérir leur chiot chez un éleveur sérieux. Et sérieux veut dire: soucieux de proposer des chiots équilibrés, en bonne santé et qui ont toutes les chances de le rester.
Sans compter que, si l'on prenait la peine d'analyser les pedigrees des chiens atteints, qu'on rassemblait les dépistages au fur et à mesure, on pourrait écarter des chiens sans même les tester, par simple analyse des lignées.

Non le vrai coût de la syringomyélie n'est pas dans le dépistage en lui même: le vrai coût réside dans la proportion du cheptel atteint. Imaginez que tous les éleveurs doivent écarter de la reproduction 50 à 70% de leurs chiens. Ceux sont autant d'individus qui ont représenté un coût (achat, entretien, exposition, soin, alimentation etc) et qui ne seront jamais source de revenus. Pour une bonne partie d'entre eux, il faudra chercher à les replacer. Et qui se sentira capable d'adopter un chien avec un tel pronostic?
Il est là le vrai problème de la syringo, elle est là la vraie raison de ce silence autour de cette pathologie: si l'étude dit vraie, et pourquoi serait elle fausse, que faisons nous de tous ces chiens? Comment remplacer les revenus qui s'envolent?

Certains objectent parfois aussi qu'éliminer les chiens porteurs sains réduirait encore la diversité génétique. Et alors, vaut il mieux un grand cheptel malade ou un petit cheptel sain? A l'heure de la libre circulation des biens et des services, à l'heure où les éleveurs n'hésitent pas à traverser l'Europe pour faire des expositions, il est peut être temps de faire évoluer la collaboration internationale entre les éleveurs? Certains pays sont bien plus avancés que non dans la lutte contre ce fléau.
Tout comme les arguments constituant à dire que la syringo ce n'est pas si terrible, après tout le chien ne fait que gober des mouches (ce qui est faux, soit dit en passant) et se gratouiller un peu,  que les chiens malades viennent d'usines à chiots, que c'est plutôt rare en réalité, celui ci ne sert qu'à aider les personnes fautives à être sereines devant leur hypocrisie: si on se convainc assez que ce n'est pas grave, rare ou qu'il y a plus important, alors on ne se sent pas coupable de ne pas faire le test.

Flappy est mon chien et la seule chose qui compte aujourd'hui est de le rendre le plus heureux possible aussi longtemps qu'il pourra en profiter.
Mais Full Monty de la Dynastie d'Orkhan (son vrai nom) est plus que ça, il fait partie de ces chiens qui sauveront les autres, si nous nous décidons à faire quelque chose
Parlons éthique à présent: Comment pouvez vous dormir en sachant qu'à l'heure qu'il est, une famille est peut être en train d'essayer d'apaiser le chien qu'elle vous a acheté après des mois d'attente et mûre réflexion et qui est en train de se gratter furieusement derrière les oreilles? En sachant qu'une jeune fille a du aujourd'hui arrêter l'agility de loisir qu'elle et son chien adoraient parce qu'il a développé une ataxie? Que ce petit garçon ne peut plus jouer à la balle avec son meilleur copain parce que l'excitation augmente ses douleurs?
Le travail d'un éleveur n'est il pas d'améliorer sa race? Le cavalier est un chien 4X4, partant pour tout, qu'on peut emmener partout… Sauf quand il a la syringo. Parce que votre chien malade n'est plus tout à fait lui. La maladie l'étouffe, l'efface.

Avant de décider que tout ce que je viens de raconter, c'est des conneries, de la sensiblerie de propriétaire meurtrie qui cherche un responsable à accuser, lisser tous les liens contenus dans ce texte, taper "Syringomyélie cavalier king charles" dans Youtube.
Alors vous saurez.

samedi 30 mai 2015

Devrions nous encore avoir des chiens?

Vous connaissez ce genre de personne qui tourne et retourne dans sa tête la moindre réflexion qu'on peut lui faire? Le genre de personne qui serait capable de culpabiliser de se faire rentrer dedans par un con qui a griller un stop? Ce genre de personne c'est moi. Et si j'écris aujourd'hui, c'est parce qu'un très aimable naturaliste m'a dit que mes chiens tuaient les orchidées.

Je considère qu'avoir un chien est un droit mais que les autres ont aussi le droit de choisir de ne pas en avoir, et n'ont donc pas à subir les conséquences de mon choix. La liberté de l'un s'arrête là où celle des autres commence, vous voyez le genre?

J'habite en ville, dans une métropole très urbanisée et "pire", en appart'. Autant dire que je connais bien les contraintes du chien citadin et la difficulté à partager cet espace avec les autres. Il faut veiller à ce qu'ils ne pissent pas sur les devantures des magasins, leur apprendre à ne pas prendre toute la place sur le trottoir lors des croisements, travailler sur la réactivité aux multiples stimulus qu'il peut y avoir, veiller à ce qu'ils ne descendent pas du trottoir n'importe comment etc. Bref c'est un gros travail, potentiellement du stress pour le chien et en plus même quand on fait tout bien y'en a qui râle!

Pour le bien être de mes chiens (mais aussi pour le mien, parce que le travail de bureau ça rend fou), je les emmène tous les jours dans des endroits où ils peuvent flâner tranquillement, courir, explorer, bref être des chiens basiques sans déranger personne.

Il y a un endroit que j'affectionne particulièrement, parce qu'il est grand et varié. 
Il y a 2 jours, je m'y rends donc après le boulot avec les monstres et, toujours dans ma maniaquerie de nana qui ne supporte pas qu'on la gronde, je les emmène vers un petit sentier, entre les remparts et un plan d'eau afin d'éviter joggeurs, vélos et chiens en laisse.
A l'entrée de ce sentier, je croise un homme qui me demande si je peux rattacher mes chiens sur cette portion. J'acquiesce mais surprise, je demande pourquoi. Les chiens en liberté sont tolérés, je pensais donc qu'il se passait un événement particulier que mes chiens risquaient de perturber. Et bien non! En fait il s'avère que ce plan d'eau est le seul coin marécageux sur plusieurs kilomètres et qu'il abrite donc une faune et une flore rares, que la grosse concentration de chiens à cet endroit est en train de bousiller. Ba oui un chien dans l'eau, ça boit, ça nage, ça joue. Les crapauds et les roseaux ils aiment pas trop et en plus ça vide l'eau. Et comme il ne pleut pas (on a beau être du Nord, il arrive qu'il fasse sec), ba y'a plus de marécage.

Je discutaille un peu avec le monsieur, fort gentil et intéressant, puis continue mon chemin en promettant de faire attention. Et là, la machine était lancée. Je me sentais coupable, parce que ce marécage et ses ressources sont un bien qui appartient à tout le monde et que je contribue à dégrader. Certes mes chiens ne se baignent pas, mais ils boivent.

Réflexion qui m'a amené à me demander si avoir un chien en ville est vraiment une bonne chose. Pas par rapport aux autres humains cette fois ci mais par rapport aux chiens eux mêmes. Les balades en ville sont relativement restrictives et potentiellement stressantes, et lorsqu'on les emmène dans des coins de verdures, nous sommes encore obligés de brider leurs comportements instinctives (creuser, se baigner, chasser …), parce que l'importance de la fréquentation canine de cet espace fait que ces comportements l'abîment.

Et puis finalement, en milieu rural aussi c'est la galère, entre les zones exploitées pour l'agriculture, les réserves naturelles et les endroits où la chasse, parfois illégale, est fréquente.

Il devient compliqué de laisser nos chiens être simplement des chiens.

C'est notre droit d'avoir un chien mais le droit des chiens lui, qu'est ce qu'on en fait.

Nous exploitons tellement de surface pour l'habitation, le commerce, l'agriculture ou le loisir que les rares endroits dans lesquels nous pouvons nous promener ne peuvent pas supporter qu'on les y emmène se défouler sans contrainte. Alors même qu'ils pourraient y être utile, mon gentil naturaliste m'a par exemple dit que, par contre, si mes chiens pouvaient bouffer les rats musqués ça l'arrangerait bien. Faute de prédateurs naturels, ces nuisibles envahissent tout.

Pour résumer:
-  On a bousillé une grande partie de la nature.
- Ce qu'il en reste est tellement fragile qu'il faudrait en réalité la laisser tranquille et ne plus la fréquenter.
- En plus de ne plus avoir de travail à leur confier, de les laisser seul des heures durant, de souvent mal les comprendre, voilà que nous ne pouvons même plus offrir à nos chiens des environnements naturels pour laisser libre cours à ce qu'ils sont.

C'est nul d'être un chien dans ce monde d'humains.

Et parfois c'est même nul d'être humain.

mardi 31 mars 2015

Quand l'éducation positive devient un monde magique

Le lundi est généralement un jour difficile pour moi. Mais la semaine dernière je suis allée au bureau le coeur léger, portée par le petit miracle qui s'était déroulé dans mon salon le dimanche soir.

Régulièrement, je fais avec mes chiens des séances de Free-shapping. C'est à dire que je récompense absolument tout ce qu'ils proposent. Le but est de les aider à avoir confiance en eux et développer leur esprit d'initiative. Parfois lorsqu'ils me proposent quelque chose d'intéressant, je fais dévier l'exercice sur du shopping pour capturer ce comportement.

Flappy est un chien sûr de lui, et de moi, il a très vite compris le concept du free-shapping et si, en bon partisan du moindre effort qu'il est, il a tendance à me proposer toujours les mêmes comportements acquis, on passe toujours un bon moment ensemble.

Linux c'est une autre histoire. Il apprend très vite lorsqu'on le guide, par envie de bien faire,  mais cette même envie fait qu'il a tendance à se "bloquer" lorsqu'il doit prendre lui même ses décisions. J'avais donc l'habitude de faire avec lui des séances très courtes où je récompensais absolument tout. Y compris les mouvements non calculés comme les éternuements, les hochements de tête ou les légers levés de pattes. 

Mais le jeudi précèdent ce fameux dimanche, quelque chose à changer.


Linux, c'était le chien qui se recroquevillé chaque fois que
mon copain avait oublié de fermer les placards de la cuisine
et que je râlais.
Lors de notre séance de free-shapping, Linux a levé la patte avant gauche. J'ai cliqué/récompensé et attendu le comportement suivant. Je fus très surprise de le voir lever à nouveau la patte gauche. Après plus d'un an de courtes séances, il semblait avoir compris ce que j'attendais de lui et avoir suffisamment confiance en lui pour proposer de lui même un nouveau comportement. J'ai récompensé encore 4/5 fois ce lever de patte avant de mettre fin à la séance pour rester sur une note positif et de l'enthousiasme.




Dimanche je me suis à nouveau assise en face de mon chien pour une séance de shapping. Mon but était de conforter l'esprit d'initiative de Linux en encrant et nommant le comportement qu'il m'avait proposé, si par hasard il me le proposait à nouveau. Il n'avait rien oublié et c'est ce qu'il fit. 
J'étais heureuse, tout simplement heureuse. Pas d'avoir appris à mon chien à lever la patte mais de constater que ce petit bout, si nerveux, si peu sûr de lui, avait pris suffisamment d'assurance pour enfin ne plus craindre que je le punisse de s'être mal conduit et osait enfin prendre des initiatives.

Flap c'est une merveille, mon prodige.
Mais quand même!
Pendant ce temps Flappy attendait son tour, couché à côté de moi sur le tapis. Comme d'habitude il entra dans le jeu avec enthousiasme et gloutonnerie. Après 2/3 répétitions des "Twist" et "Recule" qu'il a l'habitude de me proposer, il leva la patte. Depuis plus de 2ans que je travaille en Free-shapping avec Flappy il ne m'a jamais, jamais, jamais absolument jamais proposé quoi que ce soit qui implique un contrôle précis des pattes avants. Pour la simple raison que sa maladie neurologique implique une très mauvaise coordination des pattes avants et que les lever lui demande un gros effort (il n'y a qu'à voir l'état de ses griffes). Mais voilà il nous avait observé et en avait déduit que ce comportement valait une récompense.
J'ai été littéralement bluffée par les capacités de déduction de mon chien. Il m'a regardé récompenser 10 ou 15 levés de pattes de Linux et a compris que c'était un comportement souhaité, tout en restant concentré sur ce que j'attendais de lui à ce moment là: rester calmement à côté de moi. Et, bien que ce soit un acte compliqué pour lui, il a choisi de répéter ce comportement parce qu'il pensait que c'était ce que j'attendais et ce qui lui rapporterait le plus. Je vous prie de croire que je ne l'ai pas déçu.




Depuis Linux et Flappy ont appris un nouveau tour: Up. Et je crois que c'est mon préféré.
Si différents mais qui se comprennent si bien.



vendredi 2 janvier 2015

Vécu N°1: Ma terreur de chien réactif

Je me suis rarement autant creusé la tête, dans ma vie avec mes chiens, que lorsque j'ai été confrontée aux problèmes de comportement de mon cavalier vis à vis de ses congénères. Entre l'identification du problème et le retour à une attitude calme, un an s'est écoulé. En partie parce que j'ai mis du temps à m'en préoccuper, en partie parce que je lâchais des fois l'affaire, en partie parce qu'à chaque dégradation de son état de santé on reculait et en grosse partie parce que c'est un problème complexe.

Vu le temps, la sueur et les larmes que m'a couté ce problème, je me suis décidée à partager cette expérience. En effet, même si une solution n'est jamais transposable d'un chien à l'autre, j'ai puisé dans chacune de mes lectures, dans toutes les expériences qu'on m'a conté pour créer ma solution à moi. Notre chemin pourra peut être aider certains à passer un nouveau cap, à mieux cerner les causes de leur problème ou à essayer une nouvelle méthode. Force est de constater que nous sommes nombreux à avoir des chiens réactifs vis à vis de leurs congénères, autant s'épauler et essayer de se sentir moins seul. Parce qu'une chose est sûre: avoir un chien réactif c'est difficile moralement et socialement.


Commencons par planter le décor. J'ai eu Flap a 3 mois, et il faut avouer que les contacts avec les autres chiens ont été plutôt rares pendant 2 ans. Tout simplement parce que j'étais absolument novice et ne savais pas à quel point c'était important, je ne cherchais donc pas spécialement à le mettre en contact avec ses congénères, et personne dans mon entourage n'ayant de chiens, il se contentait d'en croiser quelques uns, plus ou moins longtemps en promenade. Pendant un an toutefois, il est resté très sociable et avenant, en bon cavalier qu'il est, avec ses copains chiens. Les choses ont changé par la suite lorsqu'il est tombé malade, étant diminué physiquement, il était sur la réserve, préférant fuir le contact.

Un cavalier réactif,
ça surprend!
Il a utilisé cette stratégie de l'évitement et de l'apaisement pendant plus d'un an. A partir de ses deux ans,  nous avons fréquenté un club canin et il n'y avait aucun problème. Il ignorait les chiens qu'il ne faisait que croiser et interagissait avec ceux qu'il côtoyait chaque semaine, allant même jusqu'à jouer avec certains. Et puis un jour un berger australien a rejoint mon cours d'obérytmée, un magnifique rouge tricolore… Totalement obsédé par Flappy. Mon chien, comme à son habitude, a tenté de repousser les avances de l'aussie en s'écartant et en envoyant des signaux d'apaisement, mais rien à faire il était bel et bien accro! Retrospectivement je me dis que j'aurais dû intervenir et écarter le harceleur. Mais je n'y ai pas pensé et ma mono ne m'a pas non plus aiguillé dans ce sens. Au bout d'un moment, Flappy en a eu marre et a changé de tactique et est passé à l'offensive: il lui a aboyé dessus comme un malade, dans une position signifiant clairement "Va t'en ou ça va barder pour ton matricule". Et là miracle!L'australien a reculé. Mon chien a alors appris que menacer fonctionnait mieux que se faire tout petit pour échapper aux interactions qu'il ne voulait pas. Et c'est là qu'ont commencé les ennuis.

Je suis restée un temps perplexe devant le comportement de mon chien. Lui qui n'aboyait jamais c'était mis à vociférer lors des rencontres canines. Toutefois il se calmait assez vite, avait accepté sans aucun problème le chiot que j'avais en FA puis Linux lorsque je l'ai adopté. Puis je me suis concentrée lors des balades à l'éducation de Linux plutôt qu'à la rééducation de Flappy. Bref j'ai laissé courir, le comportement s'est renforcé au fil du temps.

Je ne saurais pas dire quel a été l'élément qui m'a fait dire "C'est bon, y en marre". Toujours est il qu'un jour j'ai décidé que ce n'était plus possible. C'est vrai que je n'avais aucune difficulté à le retenir, il ne représentait pas réellement un danger mais ça le stressait beaucoup, ça stressait Linux également et moi bien sûr. Et puis le regard que porte sur vous les gens qui vous croisent avec un cavalier hystérique est assez… Désagréable, condescendant voir hostile. Je me sentais toujours coupable à la fin.

Alors j'ai commencé à me documenter et à mettre en place mon plan d'action. L'idée était de lui apprendre à se fixer sur moi au passage d'un chien, au départ à distance puis en restant de plus en plus proche. Lorsque je voyais arriver un chien, je rappelais les miens, rattachais, m'éloignais et leur demandais un Look. Jusqu'à une certaine distance, les progrès ont été très rapides ce qui a permis d'apaiser un peu la situation. Mais dès qu'on devait resté trop près, parce que la géographie de l'endroit ne me permettait pas de m'éloigner beaucoup ou parce que je n'avais pas pu anticiper assez, c'était le zouk. Flap sortait de ses gonds, tirait, aboyait et bien sûr Linux suivait. Je serais les dents, j'attendais que ça passe et je bouillonnais.

On est alors passé à l'étape supérieure, mon copain a commencé à les sortir avec moi dès qu'il le pouvait et il s'est occupé de Linux lors des croisements. C'est devenu plus simple pour moi, je pouvais récompenser au bout moment, rectifier dès qu'il commençait à être distrait. On pouvait maintenant leur demander une marche au pied tout en gardant le contact visuel et ça passait... Jusqu'à une certaine distance encore.

Même au plus bas de son seuil de tolérance, il était resté sociable vis à vis des chiens qu'il avait le temps d'apprendre à connaître.
Cela faisait déjà un moment qu'on travaillait là dessus, bien sûr il y avait eu beaucoup de progrès mais on ne parvenait pas à dépasser le dernier stade, on était bloqué. Et ça me bouffait. J'avais un réel sentiment d'échec, je ne comprenais pas où était le problème.

Et puis j'ai changé d'optique. Ce que j'avais appris à mon chien jusque là, c'est faire abstraction de ce qui le dérange, le met mal à l'aise. Si j'avais changé son comportement vis à vis de ce stimulus, je n'avais par contre pas changé son état émotionnel. Qu'il se déclenche ou non, il était stressé lors des rencontres avec ses congénères. J'ai donc mis en place un nouveau plan: Plutôt que de lui demander de se détourner de ce qui le dérange, je lui demandais juste de rester calme. A vrai dire je ne lui demandais même pas, tant qu'il restait calme, je félicitais. J'ai également sorti mon clicker en balade, le rendant plus acteur de sa rééducation. Le rythme du click/récompense était élevé et ça le motivait à chercher à obtenir le click à nouveau. Bien sûr il a fallut du temps pour pouvoir réellement croiser un chien sur un trottoir, c'est resté difficile pendant un moment lorsque j'étais seule avec mes 2 chiens mais aujourd'hui je n'ai plus d'appréhension lorsque je les sors. Le travail sur le changement de comportement fait au départ m'a beaucoup aidé dans cette seconde phase, mais c'est en l'aidant à changer son état émotionnel que j'ai vraiment permis à mon chien de rester serein. Au fur et à mesure, il n'a plus perçu l'approche de ses congénères comme une menace, mais plutôt comme une opportunité d'être récompensée.

Ensuite, j'ai pu les laisser libre lors des rencontres avec d'autres chiens détachés. J'ai la chance d'avoir un second chien très équilibré avec ses congénères, je laissais Linux gérer de son côté pour me concentrer pour Flappy. Je récompensais le calme par des caresses, il ne fallait mieux pas sortir de la nourriture dans ce contexte, et si il souhaitait que l'autre chien le laisse mais que celui ci insistait, je m'interposais doucement entre les deux. C'est toujours ce que je fais aujourd'hui. Il aboie encore parfois, mais sans se mettre dans en état de stress et décroche très facilement.

Flap sera toujours mon trésor
et mon meilleur prof
C'est un travail long (les rechutes ont été nombreuses, à cause de mes erreurs, de rencontres avec des chiens malpolis ou de mauvaises anticipations, mais chaque fois nous avons rebondis et appris), parfois ingrat mais il est réellement important. J'aurais pu ne jamais intervenir, le physique de mon chien me permet de le contrôler facilement. Mais je suis heureuse d'avoir entreprit ce périple. Cela m'a appris beaucoup de choses, ça nous a rapproché mais surtout, ça a eu des répercussions positives sur l'ensemble de notre vie. Nous sommes tous plus zens aujourd'hui, et lui comme moi nous faisons plus confiance. Il a appris qu'il n'avait pas besoin de monter sur ses grands chevaux pour éviter un contact qu'il ne souhaitait pas, qu'il était plus efficace et plus intéressant pour lui de rester calme et que, en dernier recours, il n'avait qu'à se placer derrière mes jambes ou celles de mon copain pour être tranquille.

Il y a environ un mois, j'ai suivi un stage chiens réactifs donné par Fanny. Je n'arrivais pas à débloquer la dernière étape, il se déclenchait toujours dans la rue et parfois sans que je ne sache trop pourquoi. Et finalement, la solution était juste là, sous mon nez mais il a fallu qu'elle me le montre. Elle l'a regardé se déclencher et m'a dit "Tu vois, il aboie et hop il te jette un coup d'oeil avant de poursuivre". En fait c'est mon anticipation de sa réaction qui le faisait aboyer. Il a suffit que cesse de m'occuper de lui lors des croisements pour en terminer totalement avec ce problème. Il aboie encore sur les autres chiens, mais plus par principe, avant toute interaction. Maintenant ses réactions sont justifiées par le comportement du chien d'en face. Bref, il a réapprit à parler chien.

Voilà pour la petite histoire de comment j'ai appris à mon chien à ne plus agresser ses congénères sans collier coercitif.

dimanche 14 décembre 2014

Je fais du R+, pas du gavage

J'aime être un bisounours et je ne me sens absolument pas vexée lorsque les détracteurs des méthodes positives m'affublent de ce sobriquet. J'aime être gentille et j'aime le fait qu'être gentille avec mes chiens nous permette de progresser et de mieux vivre ensemble. Mais nous avons également un autre surnom: les distributeurs de bonbons. Et là ça m'embête, parce que c'est extrêmement réducteur de ce que sont les méthodes positives et cela prouve une certaine méconnaissance de ces méthodes. Et comme j'aime bien débattre mais pas avec des ignares, je vais discuter aujourd'hui du renforcement positif. Après lecture, j'invite les opposants au club des bisounours à reformuler leurs critiques. Cette explication pourra par la même occasion être utile aux novices dans le monde du chien et de l'éducation positive, tout ça vaut bien quelques minutes sur le clavier.

Les méthodes positives sont basées sur le concept du renforcement positif. Jusque là ça parait logique mais ce n'est pas très clair. Faire du renforcement positif c'est inciter le chien à renouveler un comportement en l'associant à une conséquence agréable. La conséquence agréable, cela peut être une friandise mais pas seulement. On peut utiliser comme renforçateur tout ce que le chien aime: nourriture, caresse, félicitations orales, jouet, course-poursuite, interaction avec un congénère etc. 

Le partenaire du renforcement positif, sur lequel je ne m'étendrais pas mais qu'il faut nommer, c'est la punition négative. Si le chien adopte un comportement que nous considérons inadapté, il s'en voit retirer la conséquence agréable.
- Le chien saute quand on veut lui mettre sa laisse, on range la laisse et on va s'assoir. On ne sortira que quand il restera calme pendant les préparatifs.
-Le chien aboie au fond du jardin, il rentre. 
- Le chien tire en laisse pour atteindre une odeur, on se stoppe et on reste immobile jusqu'à ce que la laisse se détente.

Donc non, le renforcement positif ce n'est pas forcément distribuer des bonbons et oui on peut appliquer ce principe même à un chien qui n'est pas attiré par la nourriture. 
C'est vrai que la récompense alimentaire est très fréquemment utilisée et il y a d'excellentes raisons à cela:
- La nourriture est attractive pour la plupart des chiens.
- C'est un moyen rapide de récompenser son chien. La récompense alimentaire permet plus de fluidité dans certains apprentissages que le jeu par exemple, qui prend plus de temps et interrompt de façon plus marqué les répétitions.
- C'est pratique. Il est plus facile de récompenser un comportement calme dans l'ascenseur par une friandise que par une séance de tug.

En bon chien de chasse, Buddy apprécie le rapport.
Mais si la récompense alimentaire présente des atouts évidents et est donc fréquemment utilisée, elle est loin d'être la seule manière de marquer un bon comportement.
- Quand je gratte mon chien sous le menton pour le féliciter d'être sagement assis à mes pieds chez le véto, je fais du renforcement positif.
-Lorsque je tugge mon chien à la fin de son parcours d'agility, je fais du renforcement positif.
-Quand je détache la laisse de mon chien, qui attend assis sans bouger que je le libère, je fais du renforcement positif. 
-Lorsque j'autorise mon chien à aller saluer un congénère après lui avoir demander de rester au pied, je fais du renforcement positif.

Autoriser son chien à faire quelque chose qu'il aime après avoir eu le comportement qu'on souhaite qu'il adopte, quelle que soit cette chose, c'est renforcer ce comportement. 
La diversité des renforçateurs fait que nous en avons toujours un sous la main (il est toujours au minimum possible de gratifier son chien d'un "C'est bien mon loulou" enjoué) et qu'en plus nous pouvons jouer sur la valeur de la récompense. Chaque chien a ses propres goûts et préférences, pour certains le Graal se sera un bout de saucisse, pour d'autres la balle, pour d'autres encore une grattouille derrière les oreilles. En sachant ce que votre chien préfère vous avez le pouvoir d'accélérer considérablement certains apprentissages et vous êtes armés pour d'éventuelles rééducations. Plus la valeur de la récompense sera élevée et plus votre chien sera susceptible de réitérer le comportement qui l'a déclenchée. 
Le comportement qu'adopte un chien est toujours issu d'un arbitrage, il a plusieurs options et en a choisit une. Son choix se portera toujours sur le comportement qui lui apporte le plus de satisfaction. C'est à vous de faire en sorte que son choix se porte sur le comportement que vous souhaitez le voir adopter, et pour ça il faut que ce comportement soit celui qui lui apporte le plus. Plus les alternatives seront attractives et plus la récompense devra avoir une grande valeur. 
Chez Flappy, ce qui marche le mieux c'est les friandises.
Mais le jeu, c'est sympa aussi.
Soyons concret. Mon cavalier a eu un long passage de réactivité vis à vis de ses congénères, par crainte d'infériorité physique dans son cas. Aboyer lui apportait quelque chose de précieux: le chien ne s'approchait pas pour entrer en interaction avec lui. Si je voulais qu'il reste calme, il fallait que le fait de ne pas aboyer lui apporte une satisfaction au moins équivalente. Je me postais donc entre le chien et lui et le récompensais avec son biscuit préféré, tant qu'il restait calme. Ainsi il échappait à l'interaction et obtenait en plus une friandise qu'il adorait. Pour conserver la haute valeur de cette récompense, je la réservais à cet usage exclusif, le reste étant plus facile, lui demandant moins d'effort, une récompense de valeur inférieure était suffisante. Au bout d'un certain nombre de répétitions, il a finit par choisir la solution qui lui apportait toujours le plus: rester calme. Au fur et à mesure que le temps passait, son appréhension vis à vis des autres chiens a diminué puisque les croiser ne lui apportait finalement que du positif, et il est devenu plus facile pour lui de rester calme à leur approche, il n'avait pas besoin de se montrer vindicatif pour éviter l'interaction. J'ai alors pu utiliser des récompenses de valeurs inférieures, jusqu'à pouvoir aujourd'hui ne le récompenser que de la voix. 

Parce que oui, contrairement à l'idée couramment répandu que "Ouais mais une fois que tu n'as plus de bonbons, ton chien t'écoute plus", non seulement nous avons d'autres flèches à notre arc que les bonbons, mais en plus nous n'en sommes pas dépendants lorsque nous choisissons de les utiliser. Cette idée provient de la confusion entre récompense et leurre. Le leurre est utilisée pour amener le chien a adopter le comportement adéquat alors que la récompense est là justement pour le récompenser. Le leurre amène le comportement, pas la récompense qui elle, est là pour le renforcer.
Je ne passe pas ma vie avec des bonbons dans les mains, ça n'empêche pas mes chiens de faire ce que je leur demande, très gentillement d'ailleurs. Les résultats de l'éducation positive sont durables parce qu'on conditionne nos chiens à apprécier d'agir d'une certaine manière.

Pour faire simple, les méthodes positives peuvent être utilisées dans l'éducation ou la rééducation de n'importe quel chien, parce qu'elles sont extra ordinairement personnalisables. La clé du succès réside dans l'observation et la connaissance de l'individu qu'on éduque. 

Mes chiens ont appris qu'en concours équestre, être assis,
c'est mieux que de manger le crottin, tirer pour aller dire bonjour,
ou aboyer sur les chevaux.
Je sais que Linux aime les friandises, la balle, le tug et me sauter dans les bras. Je sais que Flappy aime les friandises, les caresses sur la croupe et la gorge et le tug.

A vous de décoder vos chiens.

Et si vous vous dites "Ouais enfin j'vois pas pourquoi je me prendrais la tête comme ça alors que les bonnes vieilles méthodes fonctionnent très bien", je vous invite à lire mon best-seller



vendredi 21 novembre 2014

Traduction de l'article Leash Aggression de Victoria Stilwell

La littérature anglo-saxonne est riche de contenu concernant l'éducation positive.

J'ai pris la liberté de traduire le très bon article de Victoria Stilwell (dont vous trouverez la version originale ici), qui traite d'un problème très fréquent: le chien réactif en laisse.

L’agressivité en laisse.




Les tractions soudaines et brutales en laisse, la réactivité en laisse et l’agressivité en laisse sont tous des comportements causés par un sentiment d’oppression, de frustration et d’inconfort du chien dans un contexte social où il est limité. Dans des circonstances normales, un chien détaché serait capable de mettre suffisamment de distance entre lui et la source de sa peur. Mais, si ce même chien est attaché et dans l’incapacité de créer cette distance, il réagira ou se comportera de manière défensive, dans l’espoir de faire fuir la source de peur.

Si le comportement de votre chien est renforcé par un succès (c’est-à-dire si la distance entre lui et la source de peur augmente), il réagira de la même façon quand une situation similaire se représentera.

Promener un chien qui bondit et agresse en laisse n’est pas un exercice agréable. Anticipant ce genre de problème, l’humain aura tendance à être tendu, tension qui sera transmise au chien par la laisse, accentuant les problèmes de comportement. Chien et propriétaire se retrouvent coincés dans un cercle vicieux de tension et réaction en laisse dont il est difficile de s’extraire.

Comment dois-je éduquer mon chien réactif en laisse ?
La première étape de la rééducation d’un chien tendu en laisse consiste en l’identification de la cause de son inconfort, puis il s’agit de travailler à la désensibilisation du chien vis-à-vis de ce stimulus.
Dans le même temps, vous devrez le conditionner à considérer le stimulus comme quelque chose dont il n’a pas à s’inquiéter.
Si vous avez un chien social qui tire sur sa laisse parce qu’il est frustré et veut simplement atteindre le stimulus, vous devez lui apprendre que tirer ne le mènera à rien, alors qu’un comportement calme l’amènera à quelque chose d’agréable. SI vous avez un chien social mais frustré, détournez-vous simplement et éloignez le du stimulus jusqu’à ce qu’il se calme, et ne lui permettez de saluer que lorsque la laisse est détendue.



           Punir aggrave le problème
La punition aggrave les problèmes de comportement en laisse et renforce le sentiment d’insécurité du chien, parce que le chien associera la punition à la source de peur. Par exemple, si votre chien n’aime pas ses congénères et que vous le punissez pour réagir de façon négative chaque fois qu’il voit un autre chien, la vue d’un chien sera associée à la peur ou à la douleur d’une punition. Donc, dans l’esprit du chien, la vue d’un chien annoncera l’arrivée de choses déplaisantes, ce qui accroît foncièrement l’association négative : approcher d’un chien signifie peur ou douleur.



Ne punissez un chien qui tire sur sa laisse pour aucune raison, particulièrement si la cause de ce comportement est un sentiment d’insécurité, ce qui le cas pour la plupart des chiens.
Plutôt que de le punir, donnez à votre chien autre chose à faire à ce moment-là, ce qui l’aidera à être plus à l’aise dans cette situation.

Changez la façon dont votre chien perçoit la menace.
En utilisant les méthodes de renforcement positif, vous pouvez réellement modifier ce que votre chien ressent dans certaines situations pour quelque chose de plus agréable, et par là modifier sa réponse émotionnelle et comportementale.
-          Par exemple, quand votre chien voit un de ses congénères au loin et est curieux, mais pas encore tendu, sortez son jouet préféré ou de la nourriture et jouez avec lui ou donnez-lui une récompense. Le jouet ou la friandise utilisé doit avoir une grandeur valeur et ne servir dans le cadre de cet apprentissage, près d’autres chiens.
-          Jouer avec votre chien ou lui donner une récompense l’aidera non seulement à se concentrer sur autre chose quand il est à proximité d’autres chiens, mais également à changer sa perception de la proximité avec ses congénères, par le plaisir de manger ou jouer.
-          A présent, il associera la présence de chiens proches de lui à l’arrivée de quelque chose de positif, qui lui procure du plaisir. C’est là la clé pour changer le ressenti de votre chien.
Souvenez-vous, les punitions permettent de supprimer le comportement sur le moment, mais elles ne permettent pas de modifier les émotions du chien, contrairement aux méthodes positives qui ont des résultats  plus durables.



  
Proposez une "sucette de sécurité".
Certains chiens qui réagissent laisse ont besoin d'une "sucette de sécurité" quand ils se promènent. Cela pacifie la situation. Ces chiens trouvent un vrai réconfort dans le fait de transporter quelque chose qu'ils aiment dans leur gueule, durant tout ou partie de la balade, cela les détend. Un jouet bien aimé est peut être tout ce dont vous avez besoin pour aider votre chien à se détendre.


Désensibiliser votre chien réactif en laisse.
Désensibiliser votre chien de ce qu’il perçoit comme une menace, comme un chien en approche, peut être très rapide ou prendre du temps. Chaque chien est différent et il est important de prendre en compte le rythme de votre chien.
Pour apprendre à votre chien à rester détendu au passage d’autres chiens, commencez par trouver un ami ou un éducateur avec un chien calme et non réactif.
-          Commencez l’entrainement en positionnant votre chien à une distance où il se sent bien et peut se concentrer sur d’autres choses.
-          Jouez à un jeu que votre chien apprécie, donnez-lui son jouet préféré ou offrez-lui une délicieuse friandise.
-          Si votre chien ne manifeste pas de signes d’inconfort, demandez à la personne qui vous aide d’approcher son chien un peu plus.
-          Continuez de jouer ou de lui donner  des friandises et félicitez-le chaudement.
-          Si à quelque moment que ce soit, votre chien réagit de façon négative, détournez le simplement et emmenez le plus loin jusqu’à ce qu’il soit suffisamment détendu pour accepter le jeu ou les friandises à nouveau.
-          Si votre chien réagit négativement, c’est que vous avez réduit la distance trop vite. Faites reculer votre aide à une distance qui convient à votre chien et reprenez l’exercice.

Combien de temps prendra la rééducation ?
L’entrainement peut prendre du temps, tout dépend du degré d’inconfort de votre chien, mais n’abandonnez pas, le taux de réussite de cette méthode est impressionnant.
Restez calme et détendu vous-même durant tout le processus et travaillez de façon progressive, jusqu’au moment où votre chien pourra croiser ses congénères en restant concentré sur vous ou calme à vos côtés.
-          Quand vous atteindrez le stade où votre chien sera capable de croiser ses congénères sans réaction, il devrait être prêt pour sa première rencontre.
-          Ne laissez pas deux chiens dont vous n’êtes pas sûrs se faire face pour commencer, cela pourrait représenter trop de pression, commencez par suivre les autres chiens ou marcher parallèlement à eux, jusqu’à ce que tous soient détendus.
-          Si votre chien est détendu, vous pouvez aller à la rencontre l’un de l’autre, laissez vos chiens se saluer quelques secondes puis les attirer gaiement chacun dans une direction, en les récompensant d'avoir franchi cette étape.
-          Lorsque c’est le moment, essayez d’organiser régulièrement des balades avec le nouvel ami de votre chien et commencez à lui en présenter d’autres, les ajoutant les uns aux autres jusqu’à pouvoir faire une balade de groupe.

Le mot de la fin :
Comme la majorité des réponses agressives, l’agressivité en laisse provient souvent de la peur du chien d’une personne, d’un endroit ou d’une chose. Pour gérer ce comportement, vous devez d’abord identifier ce qui cause cette peur, puis travailler à désensibiliser votre chien en utilisant les méthodes de renforcement positif. Ne punissez jamais un chien agressif en laisse par des coups de sonnette ou la force physique, cela ne fera qu’accroître la peur de votre chien et son insécurité dans ces situations. Travailler sur des agressions en laisse peut prendre du temps, mais si vous restez cohérent et proposez des alternatives positives à votre chien, vous pouvez littéralement changer le sentiment qu’inspire le fait d’être attaché à votre chien.